Résumé : Selon les scénarios publiés le 12 octobre 2026 par l'Office fédéral de la statistique, la Suisse pourrait compter environ 305 000 étudiants en bachelor et master en 2035, soit 21 % de plus qu'en 2026, alors que les effectifs du primaire reculeraient de 8 %. Ce sont des projections, pas des fermetures d'écoles déjà décidées.

Une Suisse avec davantage d'étudiants et moins d'enfants au primaire

Les nouvelles projections de l'Office fédéral de la statistique (OFS), publiées le 12 octobre 2026, dressent un tableau contrasté du système éducatif suisse. Dans le scénario de référence, les effectifs bachelor et master des hautes écoles atteindraient 305 000 étudiants en 2035, en hausse de 21 % par rapport à 2026. À l'inverse, les effectifs de l'école primaire diminueraient d'environ 8 % pendant la même période. Cette divergence tient à des dynamiques démographiques qui ne touchent pas les âges de la même manière. Pour les familles de Genève, Lausanne, Fribourg, Neuchâtel et du Valais, ces chiffres constituent un point de départ pour réfléchir à l'avenir, mais ne prédisent ni le sort d'une classe ni la fermeture d'un bâtiment scolaire particulier.

Pourquoi les universités devraient continuer à grandir

En 2005, les écoles universitaires, hautes écoles spécialisées et hautes écoles pédagogiques comptaient environ 137 000 étudiants au niveau bachelor ou master; en 2025, elles en comptaient 246 000. L'OFS anticipe une nouvelle augmentation jusqu'à environ 305 000 en 2035. Plusieurs facteurs expliquent cette tendance, notamment la croissance de la population résidente et la hausse du nombre d'étudiants arrivant de l'étranger. Dans les hypothèses fédérales, les entrants étrangers progresseraient de 19 % au bachelor et de 37 % au master. Il ne s'agit pas d'une décision d'admission uniforme appliquée par toutes les institutions. Les conditions d'inscription, frais d'études et places disponibles continueront de dépendre de chaque établissement et filière.

La baisse du primaire ne commencera pas partout en même temps

Les effectifs primaires, classes 3 à 8, ont fortement progressé jusqu'à une estimation de 566 900 élèves en 2025. Ils devraient atteindre leur point culminant autour des années scolaires 2027 et 2028 avant de diminuer progressivement en raison de la baisse des naissances observée depuis 2022. Dans le scénario de référence, le niveau attendu pour 2035 est d'environ 527 000 élèves, soit 8 % de moins qu'en 2026. Il serait trompeur de convertir cette diminution nationale directement en fermeture de 8 % des écoles. Un canton peut accueillir de nouveaux habitants tandis qu'un autre voit les effectifs reculer. Les besoins en infrastructures, en enseignants et en transports scolaires dépendent aussi de la répartition géographique des familles.

Collège et formation secondaire : une trajectoire différente

Le secondaire I devrait encore connaître une hausse jusqu'en 2031, se stabiliser pendant quelques années puis reculer vers 2034 et 2035. Le secondaire II pourrait poursuivre sa croissance pendant la période étudiée. Les projections avancent environ 10 % de croissance dans la formation professionnelle initiale, y compris les parcours menant à une attestation fédérale ou un certificat fédéral de capacité, et 12 % pour les formations générales. Cela signifie que les besoins en places de formation et en apprentissages ne suivent pas exactement ceux de l'école primaire. Les collectivités devront anticiper des calendriers décalés. Une baisse de la natalité n'entraîne pas immédiatement une diminution du nombre de jeunes cherchant une formation professionnelle, une maturité ou un diplôme supérieur.

Ce que les chiffres impliquent pour la Suisse romande

Dans les cantons romands, l'enjeu réside moins dans le pourcentage fédéral brut que dans sa traduction locale. Les communes devront suivre les nouvelles constructions, les flux migratoires, les naissances et les déplacements entre quartiers pour décider de l'usage des bâtiments. Une école primaire fréquentée par moins d'enfants peut avoir besoin de davantage d'accompagnement spécialisé, tandis qu'un campus peut devoir agrandir ses salles ou recruter du personnel. Les familles ne devraient pas reporter un choix scolaire sous prétexte qu'une projection nationale annonce moins d'élèves dans dix ans. Les inscriptions, secteurs de recrutement, transports et capacités sont régis par des informations cantonales et communales précises. Ce sont ces sources qu'il faut consulter pour une décision individuelle.

Le rôle de la formation professionnelle supérieure

Les écoles supérieures connaîtraient elles aussi une croissance significative. L'OFS envisage une hausse d'environ 17 % des effectifs entre 2026 et 2035, qui atteindraient alors 41 300 étudiants au niveau diplôme. Le nombre de titres décernés par ces établissements progresserait d'environ 16 %. Les diplômes fédéraux augmenteraient selon la projection, tandis que les brevets fédéraux resteraient globalement stables. Pour les personnes en reconversion ou qui souhaitent progresser après un apprentissage, cette dynamique indique que les parcours professionnalisants méritent autant d'attention que les cursus universitaires. Toutefois, les pourcentages ne garantissent ni une place gratuite ni un emploi à l'issue de la formation; le financement, l'admission et la reconnaissance du diplôme doivent toujours être examinés.

Pourquoi ces prévisions restent incertaines

Les scénarios de l'OFS ne constituent pas un engagement irrévocable. Ils reposent sur des hypothèses concernant la démographie, les migrations, l'économie et les comportements scolaires. L'arrivée d'étudiants étrangers est particulièrement difficile à anticiper. L'administration fédérale précise également qu'après 2032, les effectifs primaires dépendront fortement du nombre de naissances à venir. Elle utilise donc plusieurs scénarios plutôt qu'une seule trajectoire présentée comme certaine. La différence est importante pour l'information du public : une prévision de 305 000 étudiants ne doit pas être citée comme le résultat d'un recensement de 2035. Pour les responsables scolaires comme pour les familles, il s'agit d'un outil de préparation plutôt que d'un calendrier de décisions déjà prises.

Comment exploiter ces données sans se tromper

Un parent peut consulter les annonces de la commune et du canton concernant les effectifs, les classes et les transports, tout en utilisant les données de l'OFS pour comprendre les tendances nationales. Un étudiant potentiel devrait examiner les capacités, les conditions linguistiques et les frais propres à la haute école visée. Une entreprise cherchant des apprentis peut anticiper l'évolution des filières professionnelles dans sa région plutôt que déduire directement les recrutements futurs de la natalité nationale. Enfin, les collectivités peuvent comparer plusieurs scénarios avant de programmer des investissements durables. La publication du 12 octobre 2026 met en évidence des besoins croissants dans le supérieur et un changement démographique dans le primaire, sans autoriser de conclusion simpliste sur toutes les écoles de Suisse.