L'ordonnance américaine du 29 septembre 2026 demande aux administrations fédérales d'utiliser « Super Intelligence » (SI) à la place d'« Artificial Intelligence » (AI) dans nombre de communications officielles. Ce changement de vocabulaire ne signifie pas qu'une nouvelle technologie a remplacé l'intelligence artificielle. En France, les entreprises, les médias et les citoyens doivent surtout comprendre la différence entre l'annonce politique américaine et les règles européennes déjà applicables.
Ce que dit exactement le texte américain
L'ordonnance du 29 septembre 2026 concerne une grande partie des documents non législatifs de l'exécutif américain, dans les limites de la loi. Les anciens contrats et règlements n'ont pas à être réécrits rétroactivement. Le nouveau sigle reprend pour l'instant la définition légale existante de l'intelligence artificielle.
Une étiquette ne prouve pas une capacité supérieure
Dans la recherche, la superintelligence désigne souvent une hypothèse de capacités supérieures à celles de l'humain dans de nombreux domaines. Le décret n'apporte pas de démonstration de ce type. Il faut examiner les évaluations et les limites concrètes d'un produit avant de croire son marketing.
La réglementation européenne reste la référence en France
L'AI Act de l'Union européenne fixe des obligations qui dépendent des usages, des risques et du rôle de chaque acteur. Depuis le 2 août 2026, des dispositions importantes, notamment en matière de transparence, sont applicables, tandis que d'autres catégories bénéficient de calendriers particuliers. Un éditeur de logiciel qui rebaptise son chatbot « SI » ne se soustrait pas à la qualification juridique de son produit. Les entreprises françaises doivent vérifier les textes et les recommandations de la Commission plutôt que le vocabulaire adopté par Washington.
Médias, création et contenus synthétiques
Pour un média parisien, une maison d'édition ou un studio audiovisuel, la principale question concerne la provenance et la présentation des contenus. Les règles européennes de transparence visent notamment certaines interactions automatisées et des catégories de contenus générés ou manipulés. Présenter une illustration synthétique comme un reportage photographique réel peut tromper le public. Que le fournisseur utilise l'appellation IA ou SI, il faut conserver une traçabilité éditoriale, les vérifications humaines et une information claire pour le lecteur.
Start-up françaises et fournisseurs américains
Une entreprise française peut rencontrer le terme « Super Intelligence » lorsqu'elle répond à des marchés ou discute avec des partenaires fédéraux américains. La nouvelle terminologie peut affecter les mots-clés de recherche, les présentations commerciales et les documents administratifs, mais elle ne constitue pas en soi une certification technologique. Avant d'acheter une solution, il faut demander la documentation technique, les évaluations, les conditions de traitement des données et les responsabilités contractuelles. La promesse d'une intelligence supérieure doit être étayée par des mesures objectives, non par le titre d'un décret.
Une nouvelle définition pourrait-elle venir plus tard ?
Le texte demande au conseiller scientifique de la présidence américaine de présenter sous soixante jours des propositions de définition fédérale, qui pourraient évoluer ultérieurement. Ce travail n'est pas une loi française et n'abroge pas le droit de l'UE. Dans la recherche, la « superintelligence artificielle » désigne souvent l'hypothèse d'un système dépassant l'humain dans de nombreux domaines. L'administration Trump emploie pour l'instant SI avec une définition juridique beaucoup plus large. Les confondre donnerait une vision trompeuse de l'état de la science.
Questions fréquentes
L’intelligence artificielle disparaît-elle en France ?
Non, seule la terminologie utilisée par l’exécutif américain est visée par le décret.
L’AI Act s’applique-t-il aux produits vendus comme SI ?
Oui, si leurs caractéristiques et les conditions prévues par le règlement sont réunies.
Une intelligence surhumaine est-elle annoncée ?
Non, le texte ne démontre aucune nouvelle capacité surhumaine.
Que surveiller ensuite ?
La proposition américaine de définition et les règles européennes applicables au cas d’usage.
Les points à vérifier
- Lire le décret 14434 et identifier son champ d’application administratif.
- Ne pas confondre une proposition législative future avec une règle déjà en vigueur.
- Demander des tests fiables, des garanties de confidentialité et une supervision humaine.
- Vérifier le droit national ou européen applicable à l’usage concret.
- Séparer la superintelligence hypothétique du changement de vocabulaire américain.
