Le chiffre du 1er novembre : 194,90 euros par MWh
La Commission de régulation de l'énergie a publié un nouveau prix repère de vente du gaz naturel, relayé par Service Public le 12 octobre 2026. Au 1er novembre, cet indicateur atteint 194,90 € TTC par mégawattheure, contre 182,88 € en octobre : une augmentation moyenne de 6,6 %. C'est la deuxième hausse mensuelle notable après +6,3 % en octobre. Pour les foyers à Paris, Lyon, Marseille, Lille ou dans les communes rurales raccordées au gaz, la question importante n'est pas seulement le pourcentage affiché dans les médias. Il faut déterminer si leur fournisseur applique une formule tarifaire qui suit réellement ce repère. Une augmentation de l'indice public n'est pas une hausse automatique et identique de toutes les factures de gaz.
Pourquoi le prix de référence monte-t-il encore ?
Selon la publication officielle, cette évolution s'explique par la progression des prix du gaz sur les marchés observée en septembre. Le prix repère tient compte des coûts de fourniture et d'approvisionnement, de l'acheminement ainsi que des taxes. Pour novembre, la variation décrite porte sur la composante d'approvisionnement. Cette distinction importe, car une facture réunit plusieurs éléments que le consommateur ne doit pas mélanger. Les fournisseurs commercialisent librement leurs offres depuis la fin du tarif réglementé du gaz à l'été 2023, mais certaines offres sont indexées sur le prix repère calculé par la CRE. D'autres possèdent des formules différentes. On ne peut donc pas conclure que chaque fournisseur répercute précisément 6,6 % sur le montant total demandé à chacun de ses clients.
Qui risque de payer davantage et qui n'est pas directement concerné ?
Les ménages ayant choisi un contrat indexé sur le prix repère peuvent voir leur tarif évoluer selon les modalités de leur offre. À l'inverse, une offre à prix fixe n'est normalement pas concernée par cette variation pendant la période où la partie concernée du prix est contractuellement bloquée. Il faut néanmoins lire les conditions : abonnement, taxes, services accessoires et durée de la garantie peuvent être traités différemment de la fourniture elle-même. Une offre qui utilise le mot « fixe » dans son nom ne suffit pas pour vérifier l'étendue du blocage. Ouvrez votre contrat ou votre dernière facture, cherchez l'intitulé de la formule de prix et la date éventuelle de révision. Demandez une confirmation écrite si l'indice de référence ou les frais associés ne sont pas clairement indiqués.
Les 12 euros annoncés : attention à l'interprétation
Service Public indique une augmentation d'environ 12 € TTC en moyenne sur les factures touchées par la hausse de novembre. Il s'agit d'une estimation moyenne, pas d'une somme supplémentaire imposée uniformément à chaque logement. Un appartement peu chauffé au gaz, une grande maison mal isolée et une résidence avec eau chaude collective n'ont pas le même profil de consommation. Le montant réel dépendra du volume consommé, du tarif applicable, de l'abonnement, des éventuels ajustements et de la période de facturation. La CRE estime également que, si la situation reste globalement stable d'ici la fin de l'année, la facture annuelle 2026 pourrait être supérieure d'environ 11 % à celle de 2025 en moyenne. Cette estimation n'est pas une prédiction ferme pour chaque foyer.
Comment comparer les offres sans se fier au seul prix du kWh ?
Une comparaison sérieuse utilise à la fois le coût du kilowattheure, le montant de l'abonnement, l'évolution possible des tarifs et la consommation annuelle du logement. Vérifiez si le prix est fixe, indexé sur la CRE ou fondé sur une autre référence ; regardez aussi la durée d'engagement commerciale et les conditions d'information avant un changement de prix. Le comparateur indépendant proposé par le Médiateur national de l'énergie est un bon point de départ pour obtenir des offres adaptées à votre situation. Ne supposez pas qu'une remise promotionnelle efface l'effet d'un abonnement plus élevé. Comparez le coût estimé sur une année complète plutôt que seulement sur le premier mois, et conservez une copie datée de l'offre retenue.
Réduire le coût du chauffage sans sacrifier la sécurité
Avant d'investir dans de nouveaux équipements, identifiez les gaspillages évidents et les solutions compatibles avec votre logement. Une programmation adaptée du chauffage, l'entretien des installations, l'isolation des points faibles et une meilleure compréhension des consommations peuvent aider, mais leurs effets varient selon l'état du bâtiment. N'obstruez jamais une ventilation nécessaire et ne modifiez pas une installation de gaz sans professionnel qualifié. Les locataires peuvent signaler par écrit les dysfonctionnements et demander les informations utiles au propriétaire. Les propriétaires devraient comparer coût, faisabilité et sécurité avant des travaux lourds. Une facture anormalement élevée peut aussi résulter d'une estimation de consommation ou d'une régularisation ; il faut donc vérifier les relevés plutôt que tout attribuer au prix de novembre.
Que faire si votre fournisseur augmente plus que prévu ?
Commencez par comparer le nouveau tarif, la référence contractuelle, la date d'application et la notification reçue. Demandez au service clients d'expliquer séparément les éventuels changements de prix de fourniture, d'abonnement et de fiscalité. Si la réponse paraît incohérente, utilisez la procédure de réclamation du fournisseur puis les voies de médiation prévues. Le Médiateur national de l'énergie peut orienter les consommateurs et dispose d'un service d'information gratuit. Évitez les appels ou messages qui demandent d'envoyer des coordonnées bancaires sous prétexte de « remboursement CRE ». La CRE ne crée pas par son indicateur un droit universel à compensation, et les offres frauduleuses sont particulièrement plausibles quand les tarifs de l'énergie font la une.
Ce qui est certain pour novembre et ce qui ne l'est pas
Le prix repère annoncé est bien de 194,90 € TTC/MWh à partir du 1er novembre 2026, soit +6,6 % comparé à octobre. Les offres explicitement indexées sur ce prix peuvent subir une augmentation et les offres à prix fixe ne sont pas, en tant que telles, automatiquement affectées. Restent individuels : la part réellement répercutée sur chaque facture, l'effet d'une consommation hivernale accrue et l'intérêt d'un changement de fournisseur. La décision utile consiste à vérifier d'abord le contrat, puis à utiliser un comparateur indépendant et à calculer le coût total. Un article qui annonce « toutes les factures augmentent de 6,6 % » déformerait la nature de l'indicateur officiel.
